Giovanni Battista Crema (1883-1964): divisionnisme, symbole et réalité


    27 février – 4 avril 2020

    Lieu d’exposition: BERARDI Galleria d’Arte – Rome
    Organisation: Galerie d’Art BERARDI
    Événement: Giovanni Battista Crema (1883-1964): divisionnisme, symbole et réalité

    Interprète original du divisionnisme italien, Giovanni Battista Crema fut l’un des peintres les plus prolifiques de la scène romaine des premières décennies du XXe siècle. Né à Ferrare d’une famille aisée, dans le “Palazzo Crema” de via Cairoli avec sa loggia suggestive du XVe siècle, Crema a montré dès son plus jeune âge des compétences surprenantes de dessinateur, comme pour pousser son père – l’avocat Carlo Crema, qui voulait une carrière pour son fils légal – pour l’envoyer à l’atelier d’Angelo Longanesi-Cattani de Ferrare en 1897. Après avoir appris les rudiments de la peinture, le jeune homme décide de s’installer à Naples pour suivre les enseignements de Domenico Morelli, alors au sommet de sa renommée.

    Du maître napolitain, il a absorbé non seulement la compétence dans l’utilisation de la couleur, mais aussi la capacité de donner aux œuvres d’art une forte valeur narrative à travers la création d’images à fort impact expressif. Après la mort de Morelli en 1901, Crema s’installe alors à Bologne pour terminer ses études avec Domenico Ferri: en 1903, enfin, il arrive dans la capitale, où il reste à vie.

    A Rome, il est séduit par la technique pointilliste qu’il découvre en assistant au cénacle des artistes gravitant autour de la figure influente de Giacomo Balla. Dans un premier temps, il partage avec eux sa fascination pour les sujets prolétariens et la dénonciation sociale: son premier succès important remonte à 1905 à l’exposition annuelle de la Société des amateurs et culteurs des Beaux-Arts de Rome, où avec le triptyque L’istoria des aveugles douloureux ont attiré l’attention des critiques.

    Deux ans plus tard, il organise une exposition personnelle dans les salles de la même compagnie, avec des paysages, des nus sensuels et des scènes symboliques; il y reviendra avec une nouvelle exposition en 1914, lorsqu’il organise la «Sala dei Giovani Romi» en pleine polémique avec la «Sécession» et, en même temps, avec le favoritisme des jurys des expositions italiennes.

    Son bel esprit polémique, dévoilé dans la presse de l’époque à travers des articles mordants dans lesquels il s’attaquait aux artistes et politiques corrompus, le conduisit après la Première Guerre mondiale – où il avait pris une part active aux tranchées – à un détachement croissant des milieux à la mode. Tout en menant une vie plus isolée, Crema a continué à exposer et à produire certains de ses chefs-d’œuvre, y compris des triptyques symbolistes dans lesquels la touche divisée cède la place à un coup de pinceau d’investigation plus classique.

    Jusqu’à la fin de sa vie, il peint sans pause de continuité: portraits, paysages évocateurs, scènes symboliques et instantanés de guerre (les peintures commandées en 1940 par le ministère de la Marine pour documenter la vie à bord sont mémorables), caractérisées par une créativité inépuisable et cette compétence technique qui a poussé un jeune Filippo De Pisis à s’exclamer “en termes de technique picturale, j’ai compris, Crema en sait beaucoup!” (F. De Pisis, Dans l’art et la vie: le peintre Giambattista Crema, dans “Gazzetta Ferrarese”, 14 avril 1922).

    L’exposition à la galerie Berardi présente une centaine d’œuvres, dont des peintures et des dessins, réalisées tout au long de la carrière du peintre ferrare. Parmi celles-ci, une première version datée vers 1915 de la toile monumentale des Danseurs conservée dans les musées municipaux de Ferrare, ici dans les dimensions de la peinture de chevalet et au format du triptyque; et encore une fois, le chef-d’œuvre L’eterno vicenda (1926), un triptyque de la maturité, représentant une allégorie de la vie de la mémoire sécessionniste d’Europe centrale.

    Une partie de l’exposition sera présentée en avant-première à Modène sur le stand de la galerie Berardi au salon Modenantiquaria, du 8 au 16 février 2020. A l’occasion de l’exposition, la galerie Berardi publie une monographie richement illustrée sur Giovanni Battista Crema éditée par Manuel Carrera, avec un essai qui retrace toute la carrière du peintre ferrare, reconstitué à travers des documents autobiographiques et des écrits inédits.

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